30 avril 2009
Dernier amour / Un soir au club
Dernier amour - Paul Cédrat va mourir. C'est une question de jours. A Zürich, son oeuvre est huée, entre cette de Haynd et de Beethoven. A la veille de s'éteindre, il rencontre une femme mystérieuse, celle qui sera son dernier amour.
Un soir au club - Simon Nardis a arrêté de jouer du jazz en cessant de boire. Il mène une vie rangée d'époux fidèle, et écoute de la musique classique. Mais il suffit de si peu, d'un peu de hasard, pour que la fièvre du jazz le reprenne. Et la fièvre de l'amour aussi, avec Debbie. Une soirée et une journée suffisent pour que tout s'enchaîne, trop vite, comme un swing endiablé.
Comme avec tous les textes de Christian Gailly, il est toujours criminel et dangereux d'en dire trop. Il y a toujours de la musique, des femmes, des clubs de jazz et des destinées sublimées. J'ai lu les deux romans l'un à la suite de l'autre, et j'y ai trouvé une cohérence narrative très intéressante, comme une mélodie qui s'enchaîne...
29 avril 2009
Les droits imprescriptibles du lecteur
Extrait de Comme un roman de Daniel Pennac. 
Le droit de ne pas lire.
Le droit de sauter des pages.
Le droit de ne pas finir un livre.
Le droit de relire.
Le droit de lire n'importe quoi.
Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).
Le droit de lire n'importe où.
Le droit de grapiller.
Le droit de lire à haute voix.
Le droit de nous taire.
25 avril 2009
Rêve d'ailleurs
Daisy a quitté le Wyoming à la mort de son fils Jake, emmenant avec elle la jumelle de l'enfant perdu, Sage. Pendant 16 ans, dans le Connecticut, elle a essayé de refaire sa vie et d'offrir une existence sécurisée à sa fille. Mais Sage a grandi sans la présence de son père, et elle veut désormais le retrouver et renouer avec ses origines. Elle part dans le Wyoming. Pour Daisy, c'est un retour sur les lieux du drame, les lieux de son premier amour avec James, le père de ses enfants.
Sympathique histoire sur fond de road-movie. Pas vraiment de profondeur, mais il est appréciable de se plonger dans un livre "facile" de temps en temps.
22 avril 2009
L'assomoir
Gervaise se retrouve seule avec ses deux enfants quand Lantier la quitte. Elle accepte d'épouser Coupeau, un brave ouvrier zingueur. Gervaise ouvre de son côté une boutique de blanchisserie qui gagne rapidement en renommée tant le travail des ouvrières est de qualité. Mais après un accident qui le prive de son emploi, Coupeau commence à boire et mène le ménage à la ruine, pendant que Lantier, de retour, profite des largesses de la maison.
Du grand Zola! Je suis définitivement séduite! Tout ce qu'écrit Zola, c'est du plaisir ligne après ligne!
20 avril 2009
Les Amants de la Mer Rouge
Nasser a quitté son pays en guerre pour vivre en Arabie Saoudite. Dans la ville de Djeddah, il lave des voitures pour gagner sa vie. Pour Nasser, le quotidien est en noir et blanc. Le blanc, c'est la couleur du vêtement des hommes qui se pressent sur le chemin de la mosquée. Le noir, c'est la couleur de la robe des femmes, ensevelies sous le tissu, retranchées du monde et soumises à toutes les suspicions. Dans cet univers, les hommes assoiffés de désir ont l'habitude de s'attacher les services de jeunes garçons pour attendre jusqu'au mariage. Lassé de cette existence, Nasser ne peut cependant rien faire pour y échapper. Du moins le croit-il. Un jour, il reçoit un message d'amour d'une inconnue. Le geste même de cette femme est sacrilège. Nasser décide de braver tous les interdits, les chefs religieux et la police des moeurs. Prêt à tout, il sacrifie sa sécurité pour vivre pleinement la passion qui s'offre à lui.
Voilà un texte puissant. Chaque page est pleine d'une sensualité sauvage, mais aussi d'une frustration terrible. L'auteur a décrit avec talent le quotidien des musulmans dans l'Arabie Saoudite des années 80. Chaque lettre échangée entre le héros et son habibi (son amour) vibre d'une poésie digne du Cantique des Cantiques. La fin du livre, que je me garderai bien de révéler, est empreinte d'espoir pour tous les amants. Il n'y a pas d'amour impossible, ni de passion inutile. Tel est le message de l'auteur. Voilà un livre qui va circuler dans mon entourage!
Je remercie Suzanne du site
et les éditions
de m'avoir offert et fait découvrir ce livre.
16 avril 2009
211 idées pour devenir une fille brillante
L'auteure nous propose, à nous les femmes, 211 très bons petits trucs pour réussir nos vies! Cuisine, ménage, sport, sexualité, séduction, beauté, tout y passe pour notre plus grand plaisir! J'ai déjà testé la recette des flapjacks anglais sur mon homme et ça marche! J'ai compris - mille mercis Bunty!!!!!! - les règles du hors-jeu et j'ai impressionné mon chéri! Je vais le relire ce petit bijou...
14 avril 2009
La vague
En 1969, dans un lycée américain, Ben Ross, professeur d'histoire, lance une expérience inédite dans sa classe. Pour aider ses élèves à comprendre les mécanismes du nazisme et le comportement des Allemands sous le Troisième Reich, il crée un mouvement au slogan puissant: "La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l'Action." Très vite, le professeur est entièrement pris par son personnage et par le mouvement qu'il a créé. Ses élèves se plient aux règles et en édictent de nouvelles. Ils abandonnent leur libre arbitre et leur sens critique pour ne se consacrer qu'au développement de la Vague. Le lycée californien devient un microcosme totalitaire qui inquiète les parents des élèves et les autres professeurs. Et des incidents tendent à prouver que Ben Ross ne maîtrise plus du tout son expérience historique.
Ce fait divers romancé ne brille pas par sa grande qualité littéraire. La langue est sommaire, les personnages à peine esquissés. Mais ce texte court relate bien ce qui a lieu dans ce lycée de Californie. Voici un texte à lire au même titre que les récits des déportés. Il témoigne que l'horreur peut très vite refaire surface et il rappelle que la vigilence est de mise, même des années après l'Holocauste.
10 avril 2009
La dame à la lampe
Au 18° siècle, de l'Angleterre à la Crimée et son mortel conflit, Florence Nightingale a révolutionné le métier d'infirmière. De cette profession traditionnellement réservée à la lie de la société féminie, elle a fait un métier d'honneur et de dévouement, avec des règles de conduite et une formation. Connue pour ses crises de mysticisme, son exigeance et son intransigeance, celle qu'on a surnommé la Dame à la lampe s'attire les foudres de certains dirigeants, mais aussi le soutien de la reine Victoria. Les malades l'attendent, l'espèrent. Les autres infirmières craignent son humeur changeante. Entière dans son engagement auprès des malades, infatigable dans son combat pour l'hygiène, elle obtient ce qu'elle veut à force de ténacité. A sa mort, Jonathan Brink, journaliste américain, entreprend d'écrire la vie de cette femme exceptionnelle, d'après les témoignages de ceux qui l'ont le mieux connue.
Si le sujet est intéressant, le traitement qui en est fait est loin d'être abouti. Et c'est bien dommage. Le personnage historique qu'est Florence Nightingale méritait une meilleure reconnaissance. Le texte se compose d'extraits des notes du "rossignol", de témoignages de ses proches, d'articles de journaux, le tout lié dans une narration anonyme. Il y a un manque certain de fluidité d'un chapitre à l'autre. On nous renvoie dès les premières pages aux notes en fin de livre. Mais certaines notes de bas de page m'ont laissé à penser que même le traitement chez l'imprimeur laissait à désirer. Dommage, car ce sujet a tout pour me plaire. Ce personnage féminin exemplaire n'est pas sans me rappeler celui que Pauline Gill a mis en avant dans son roman Docteure Irma, la première femme médecin canadienne (voir mes billets du 14 juin et du 2 juillet 2008).
05 avril 2009
Roman
Impossible de dire de quoi traite ce texte. J'ai abandonné après quarante pages. Sans mots vulgaires ou termes choquants, la narration est violente, la façon même d'utiliser la langue est agressive. L'impression qui me reste après quelques pages, c'est l'oppression. Il est rarissime que j'abandonne un livre avant la fin, sans lui donner sa chance, sauf quand il me fait peur...
Si certains l'ont lu, j'attends leurs avis et commentaires.
03 avril 2009
Terre des oublis
Roman de Duong Thu Huong. 
Miên est une femme chanceuse: son mari Hoan est un riche planteur de la région du Hameau de la Montagne, leur fils Hahn est un beau petit garçon. Leur vie bascule le jour où le premier mari de Miên revient au village. Disparu depuis 14 ans, déclaré mort après la guerre qui a opposé le pays à la France puis aux Etats-Unis, Bôn a traversé le pays, s'est perdu et porte en lui les marques d'une souffrance humaine incompréhensible. Bôn veut retrouver la femme pour laquelle il a tenu toutes ses années, il veut la vie de couple et la famille dont la guerre l'a privé. Pour satisfaire à l'honneur et aux codes traditionnels, Miên sacrifie son bonheur, son fils et son amour pour Hoan pour revenir auprès de l'homme qu'elle n'aime plus. Durant des mois, elle endure la misère et l'humiliation. Bôn est trop faible pour défricher une terre, pour tenir un métier. Seule, elle subvient aux besoins du couple grâce à l'argent que Hoan a mis à sa disposition. Bôn le sait, il ne peut pas lutter contre cet homme fort auquel son épouse de cesse de penser. La seule issue pour lui est d'avoir un enfant de Miên, un enfant pour cimenter leur couple.
Une superbe peinture humaine! L'histoire de chacun des trois personnages est peu à peu dévoilée. On découvre les blessures secrètes qui ont construit chaque destinée. Au travers de ces existences particulières, c'est le Viet Nam qui est mis à l'honneur. Tout un monde de senteurs et de saveurs s'expose au fil des pages. Les paysages se découpent sous la plume de l'auteur. La traduction est riche, elle préserve l'ampleur des phrases. A découvrir sans aucun doute!



























