LLL: LIVRES & LECTURES DE LILI...

... MES LECTURES, MES COUPS DE COEUR, MES CRITIQUES.

31 août 2009

La confession impudique

Roman de Junichiro Tanizaki. Lettre T de mon Challenge ABC 2009. Confession_impudique

Un professeur d'université et sa femme se livrent à un jeu pervers. Par journaux intimes interposés, ils disent tout - ou presque - de leur vie intime. A l'âge du démon de midi, le professeur est plus que jamais avide de plaisirs sensuels, mais il se heurte aux désirs exacerbés de son épouse, bien plus jeune que lui. Il découvre que la jalousie est un stimulant amoureux extraordinaire, et il jette sa femme dans les bras du fiancé de leur fille, ce qui a pour effet de décupler son désir. Insatiable, il se gave de potions et d'excitants pour satisfaire les exigeances de son épouse. Jusqu'à l'issue fatale qui révèle comment sa femme a tout orchestré.

Excellent! La construction du récit est fameuse. Tantôt on lit le journal de l'époux, tantôt celui de l'épouse, avec deux langages et deux points de vue différents. Tout n'est que fausse dissimulation et vraie traitrîse. Impossible pour le lecteur de ne pas pressentir l'issue. J'ai particulièrement apprécié la finesse avec laquelle les jeux érotiques sont décrits: pas de mots grossiers, tout n'est que suggestion et image. Le huis clos est imperceptiblement bâti, mais il est omniprésent. Les nombreuses sorties des protagonistes ne sont que des leurres, ils sont cloîtrés dans leurs névroses respectives. Voilà un livre d'une grande finesse, mais aussi d'une profonde perversité. Rien n'est clairement exposé. Pourtant les narrateurs ne dissimulent rien. Du grand art!

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28 août 2009

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme

Vingt_quatre_heures_de_la_vie_d_une_femmeRoman de Stefan Zweig. Lettre Z de mon Challenge ABC 2009.

Après la fuite scandaleuse de Madame Henriette avec un jeune inconnu, tous les clients d'une pension cossue de la Côte-d'Azur blâment cette conduite indigne d'une femme respectable. Seul le narrateur, et l'énigmatique Madame C*** affichent de la sympathie envers cette pauvre femme. Le narrateur et la vieille dame anglaise sympathisent, et Madame C*** livre un secret qu'elle porte depuis plus de vingt ans, sa folle journée de passion pour un jeune homme inconnu.

L'histoire est de celles qui me séduisent, avec des personnages qui luttent contre un destin inexorable. Mais la langue est de celles que j'abhore, ampoulée et lourde en bouche. Est-ce parce que le sujet est précieux que le texte se fait pompeux? Le texte est court et ne s'embarasse pas de longueurs. L'intrigue suit sa course précipitée. Quel dommage que la fin soit si abrupte. Le récit de Madame C*** s'achève, et rideau. C'est un peu court, jeune homme, comme dirait l'autre. Je reste sur ma faim. Une petite conclusion n'aurait pas été malvenue. J'ai, sans aucune comparaison, préféré Le joueur d'échec.

Posté par Lili Galipette à 18:59 - Challenges - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Message de Philippe Carrese

A la suite de mon billet sur son livre Enclave et de la publication de ma critique sur le site des Chroniques de la rentrée littéraire, j'ai reçu un message de la part de Philippe Carrese. Et je suis toute émue, comme à chaque fois qu'un auteur me laisse un petit mot.

"Bonjour
Juste un petit mail pour vous remercier pour cette lecture éclairée de mon roman. Vos commentaires me vont droit au coeur, et c'est toujours réconfortant de voir que ce qu'on écrit peut avoir un echo aussi juste chez le lecteur. Encore merci, et bravo pour votre blog.
Amicalement
Philippe Carrese"

Philippe_Carrese

J'apparais en outre sur son site, avec un lien vers mon blog. C'est à mon tour de le remercier pour cette attention.

Il ne me reste qu'à lire le reste de son oeuvre, car une passion est née après la lecture d'Enclave. A bon entendeur...

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26 août 2009

L'obéissance

Roman de Suzanne Jacob. Lettre J de mon Challenge ABC 2009.

Ob_issanceD'abord, il y a eu Hubert et Florence. Mariés à toute vitesse, parents tout aussi rapidement pour échapper à la solitude du couple. Alors sont venus Rémi, garçon un peu attardé, et sa petite soeur Alice, bien trop intelligente. Florence ne trouve de satisfaction en aucun de ses enfants. Elle veut leur apprendre l'obéissance, mais se heurte sans cesse au quotidien, où rien ne va comme il faudrait. Puis viennent Marie et Jean qui ne savent pas vraiment s'aimer, qui ont besoin d'autres horizons pour faire durer leur couple. Marie a assuré la défense de Florence lors de son procès. Et elle ne s'en remet pas. Deux époques, deux couples, deux femmes qui se téléscopent.

J'en ai lu des purges, mais celle-ci décroche la palme haut la main! Un premier chapitre incompréhensible, que j'ai zappé après sept pages de laborieuse concentration et de vaine relecture. L'écriture se fait plus "accessible" ensuite, mais on passe d'un personnage à l'autre sans aucune fluidité. D'abord Florence, puis Alice, puis Marie, puis Julie, puis Jean, puis re-Julie. Il faut attendre bien trop longtemps pour comprendre ce qui unit Marie et Florence, pour comprendre le parallèle entre l'existence de Florence et l'enfance de Marie. Et même après 240 pages d'attente, ça reste nébuleux, largement imprégné d'une psychologie de bazar à deux sous. Il y a quelques passages émouvants. Sur quelques lignes, j'ai saisi une fragilité, une beauté terrible. Mais toute la naration est trop brouillonne. L'auteure passe, à plaisir ou en toute insconscience (mystère...), d'un style à l'autre. Il n'y a aucune cohérence dans le récit en général. Tout est décousu, lacunaire, voire lapidaire. Je suis partisane du travail du lecteur: il n'y a aucun mal, et même plutôt pas mal de plaisir, à remplir les blancs laissés par l'auteur. Mais il ne faut pas prendre le lecteur pour un nègre!

On pourrait se demander pourquoi j'ai fini le livre. C'est par conscience "professionnelle". C'est trop facile de finir mon Challenge ABC 2009 si je ne lis que la moitié des livres... Mais je veux qu'on reconnaisse mon héroïsme! Et je saute sans attendre sur un autre livre qui, je l'espère, me fera oublier celui-ci... Tout de même, avant de finir ce billet, je donne le résumé du livre, tel qu'il apparaît en tête du livre. Cela n'avait pas l'air si mauvais.

"Ils ont tout: maison, télé, congélateur. Il ne leur reste plus qu'à faire un enfant pour qu'il les sauve du temps qui ouvre ses gouffres autour de leur table et de leurs chaises, et en plein milieu de leur salon. C'est Réli. Puis Alice. Mais déjà une formidable, mortelle et imparable machine s'est mise en route. Il n'y aura pas qu'une victime, car la même histoire court toujours d'une histoire à l'autre. Pour faire le deuil de toutes ces morts, Julie rompt le pacte du silence qui la liait à son amie Marie et raconte comment l'issue du procès qui innocente la mère infanticide a fait basculer les certitudes de Marie, l'avocate."

Posté par Lili Galipette à 19:52 - Challenges - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Enclave - Chroniques de la rentrée littéraire

Roman de Philippe Carrese.Enclave

En janvier 1945, c’est la débâcle dans les rangs de l’armée du Reich et du parti nazi. Les Allemands abandonnent la scierie de Medved’ en Slovaquie, au nord des Carpates. Le camp de travail n’est pas vide. Les détenus, cent cinquante hommes et une vingtaine de femmes ont été abandonnés, livrés à leur sort au cœur de la forêt slovaque et de l’hiver meurtrier. Mais il faut survivre, prouver à l’ennemi que son départ n’est pas la fin. La communauté se réorganise avec, à sa tête, Dankso. Tous attendent un chef pour réapprendre ce qu’est la liberté. Dans un premier temps, les prisonniers veulent échapper à l’enceinte du camp, fuir les mois de souffrance derrière les barbelés. Mais le lieu est une enclave, coincé entre les flots impétueux de la Strigina Bystrina et les infranchissables monts Tatras. Acculés, les survivants réinvestissent le camp. Dankso met en place la république démocratique de Medved’. Le jeune Matthias se voit confier une mission : écrire, raconter la vie de son peuple. Et sous sa plume, on constate l’avènement d’une nouvelle dictature, menée par un homme qui se laisse dominer par l’avidité et le goût du pouvoir. Matthias écrit pour que cette page d’histoire suspendue et ignorée ne soit pas perdue. Mais une question se pose : écrire permet-il de sauver du désastre ?

Philippe Carrese réussit une impressionnante performance : traiter un sujet lourd de mémoire et de « déjà-dit » dans une prose simple et libre d’emphase. Avec discernement, il évite les poncifs et les écueils de la littérature concentrationnaire ou post-Shoah. Non pas que cette littérature est mauvaise. Mais un énième récit dans la veine de ceux de David Rousset ou Jorge Semprun n’aurait rien apporté d’essentiel à la connaissance et à l’appréhension de cet épisode historique. La phrase inaugurale, « Ils sont partis ce matin. », répétée dans les premières pages, est riche de tout ce que le texte n’a pas eu besoin de dire : les tortures, l’horreur, les détails de la vie concentrationnaire. Cette simple phrase marque la fin d’une époque, la transition entre l’avant et l’après. Elle permet au lecteur d’investir le texte sans repasser par les récits que l’on connaît déjà.

Bien que d’une facture simple, le texte est riche d’échos littéraires. J’y ai trouvé des teintes mythiques, tout particulièrement présentes autour de la Strygina Bystrina. Cette rivière a tout d’un Styx des temps modernes : elle empêche les morts de rejoindre le monde des vivants. Et les détenus de Medved’ sont bien morts aux yeux du monde. Ils sont les laissés-pour-compte d’un conflit qui s’achève sans eux.

Un épisode, très court, permet de reconnecter le récit avec la réalité : l’arrivée de deux échappés des marches de la mort, anciens prisonniers d’Oswiecim (Auschwitz). Medved’ n’est pas un cas isolé, si jamais on en doutait. L’évocation, en quelques paragraphes, de l’immense usine de la mort polonaise, comble les blancs de la narration. Là encore, l’auteur a su ménager le lecteur en ne lui répétant pas ce qu’il avait déjà lu.

Le récit se déploie dans un premier temps sur trois jours, puis sur un dernier jour, et enfin vient l’après, bien plus tard. L’ellipse de plusieurs mois entre la première et la seconde partie a fait naître chez moi une avidité de lecture. Les analepses dévoilent avec finesse et pudeur un quotidien redevenu trop banalement barbare pour être décrit. Philippe Carrese nous épargne une relecture fastidieuse des systèmes totalitaires.

Dès le début, quand Anja confie à son fils, le jeune Matthias, la mission d’écrire l’histoire du peuple des survivants, j’ai entendu les échos d’une lecture qui a laissé en moi une marque profonde, Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel. J’ai craint que Philippe Carrese n'emprunte la même voie que Claudel. Heureusement, le compte rendu est tout autre, et sa tenue elle-même est différente. Mais un point commun relie ces deux romans: le rapport est un texte qui angoisse, qui suscite les dissensions. L’écriture est une arme, je ne fais que reprendre un thème bien ancien. Le texte de Carrese en est une illustration  réussie.

J’adresse donc un grand bravo à l’auteur et lui souhaite bonne chance dans la course aux prix littéraires de la rentrée 2009 !

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Chroniques_de_la_rentr_e_litt_raire_

L'opération "Chroniques de la rentrée littéraire" a été montée à l’initiative du Social Media Club France, qui s’est chargé de récolter les romans de la rentrée littéraire 2009 auprès des éditeurs pour les faire critiquer en avant première par les blogueurs. Le SMC s’est associé à trois communautés, Babelio, Ulike et Chermedia, pour diffuser ces livres aux blogueurs. En m'inscrivant sur Babelio, comme pour une opération "Masse critique" classique, j'ai eu la chance de recevoir le livre de Philippe Carrese. L'ensemble des critiques des blogueurs est lisible sur le site Chroniques de la rentrée littéraire et ma critique est visible , sur le site.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Editions_Plon.


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24 août 2009

L'enfant

Récit autobiographique de Jules Vallès. Enfant

Jules Vallès raconte son enfance au Puy et à Saint-Etienne. Son père est professeur et sa mère est issue d'une famille de paysans. Jules, dit Jacques, n'est pas heureux. Il n'est pas un enfant qu'on câline et qu'on cajole. Il est un enfant battu. "Il faut que les enfants s'habituent à tout", dit sa mère. Et tous les prétextes sont bons pour que Jacques "s'habitue". Il voit autour de lui les familles et les enfants heureux. Il observe aussi les drames. Tout lui est bon pour comparer son sort à celui du monde.

J'ai lu ce texte pour la première fois à 13 ans. Et je peux affirmer sans me tromper que c'est un des livres qui m'a aiguillée sur la voie des études littéraire et dans la volonté d'écrire. L'auteur, tout en racontant son histoire, décrit sans concession le lot des enfants au XIX° siècle. La violence et la cruauté vont de pair pour faire des jeunes existences un enfer. Je n'ai pa lu la suite de son autobiographie, Le bachelier et L'insurgé, mais je garde de ce texte un souvenir impérissable, comme si un peu de son histoire avait marqué la mienne.

Et je profite de ce billet pour souhaiter un bon anniversaire à mon Papounet chéri! 50 ans, c'est le bel âge mon Dadou!

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23 août 2009

Bannières, je vous aime!

Un grand merci à Mélusine et Sandrine pour leur réponse à ma demande désespérée de bannière pour mon blog.

Voilà les résultats: les deux premières sont de Mélusine, le troisième de Sandrine.

banni_re_LLL_1

banni_re_LLL_2

magali

J'hésite, j'hésite... Verdict prochainement, tout en haut de mon blog...

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Tous les matins du monde

Roman de Pascal Quignard. Lettre Q de mon Challenge ABC 2009. Tous_les_matins_du_monde

Monsieur de Sainte-Colombe ne se remet pas de la mort de son épouse bien-aimée. Retiré dans son modeste domaine avec ses deux filles, Madeleine et Toinette, il laisse s'écouler les jours au rythme de sa peine. Plusieurs fois par semaine, il reçoit ses élèves. Monsieur de Sainte-Colombe enseigne la viole. Compositeur de génie, ses oeuvres sont le reflet de sa douleur. Un matin, Marin Marais, ancien chantre de l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois, se présente chez lui pour apprendre la viole. Le jeune loup entre dans la bergerie.

Je suis sous le charme! J'avais vu le film d'Alain Corneau, et j'avais en mémoire les excellentes prestations des Depardieu Père et Fils, et de Jean-Pierre Marielle. Le texte est au-delà de tout ça. Les personnages sont sublimes, au sens classique du terme. La langue est précieuse, travaillée, et solide, mais aussi mélodieuse et très musicale, comme une portée qui se déroule. Les considérations sur l'essence de la musique auraient pu être oiseuses, mais elles se révèlent poétiques et délicates. Le livre se lit vite et il laisse un beau souvenir.

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22 août 2009

L'amour et autres surprises matinales

Recueil de nouvelles d'Elliot Perlman. Lettre E de mon Challenge ABC 2009. Amour_et_autres_surprises_matinales

Neuf histoires où l'amour est le moteur de toutes choses. Il y a cet amant qui sait que sa maîtresse ne divorcera jamais. Il y a cet étudiant trop sensible qui n'arrive pas à combler son manque affectif. Il y a ce poète qui devient fermier, sans l'avoir vraiment décidé. Il y a cette femme qui assiste au procès de l'assassin de son époux. Il y a ce détective sans client, sans but. Il y a ce petit garçon qui utilise les canettes de bière vidées par son père pour construire un dinosaure. Il y a cet homme après la première nuit avec une inconnue. Il y a cette émigrée qui cherche son frère, entre souvenirs et temps présent. Tous ces destins évoluent dans l'Australie du XXI° siècle, à Melbourne, grande ville sans visage.

Mouais mouais mouais... Après avoir entendu des kilomètres de louanges sur ce livre, j'ai été très déçue. Je ne sais pas si la traduction est responsable de la déplorable qualité du texte, mais mon sentiment au sortir de cette lecture est très négatif. Il y a des passages fabuleux: pendant quelques paragraphes, j'étais prise dans une envolée superbe de sentiments. Puis le désastre, une narration plombée, une langue barbante et des personnages beaucoup trop caricaturaux pour être attachants. Une seule nouvelle se détache un peu du lot, La doctrine de la Hong Kong Fir. Co. Le questionnement sur l'amour et ses raisons est très bien construit, et j'y ai retrouvé certaines de mes interrogations. Moi qui suis tellement friande de nouvelles, je reste frustrée par celles de cet auteur dont on m'avait dit tant de bien.

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21 août 2009

Cupcake Academy

Livre de cuisine de John Bentham, illustré par le photographe Philippe Vaures Santamaria. Cupcake_academy

La lecture, c'est le plaisir des yeux. Ce petit ouvrage en doublement la preuve! Les recettes sont très clairement expliquées et bien rédigées, et les illustrations sont un régal! Les titres des recettes sont très alléchants: le Kahlo pour le cupcake chocolat-piment, le Klimt pour le Citron-pistache, et bien d'autres peintres ou peintures donnent leur nom à ces délicieux petits gâteaux!

A force de pratiquer, je me débrouille plutôt bien! Je réussis tous mes glaçages! Seul problème: je ne fais jamais assez de fournées, selon les dires de N'amoureux...

Posté par Lili Galipette à 10:54 - À ne pas manquer! - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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